Les États · Hautes Terres centrales · 1540–1897
Royaume d'Imerina
État des Hautes Terres né autour d'Antananarivo ; d'Andriamanelo (~1540) à son absorption dans le royaume de Madagascar puis la colonie.
Sur la carte
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Au fil du temps
Frise · dérivée des assertions datées
1500 – 1575 La généalogie royale merina place à son origine deux souveraines, Rafohy et Rangita, rattachées au temps des Vazimba, que leurs successeurs Andriamanelo puis Ralambo supplantent. récit
1540 – 1575 Andriamanelo (règne traditionnel ~1540-1575) est tenu pour le fondateur de la lignée merina ; on lui prête la lutte contre les Vazimba, premiers occupants des Hautes Terres. récit
1540 – 1810 L'Imerina se structure en royaume sur les Hautes Terres à partir du XVIe siècle ; Antananarivo en devient la capitale au XVIIe. récit
1575 – 1612 Ralambo (~1575-1612) aurait donné son nom à l'« Imerina », levé la première armée permanente et institué le culte des sampy (talismans royaux). récit
1612 – 1630 Andrianjaka (~1612-1630) se serait emparé de la colline d'Analamanga pour y fonder Antananarivo (« la ville des mille ») et y établir le premier rova royal. récit
1675 – 1710 Andriamasinavalona (~1675-1710) aurait porté l'Imerina à son apogée, puis l'aurait partagé entre ses quatre fils, semant une division qui durera près de quatre-vingts ans. récit
1700 – 1869 Les sampy, talismans-palladiums protecteurs du royaume merina (Kelimalaza, Ramahavaly…), furent brûlés en 1869 par la reine Ranavalona II lors de sa conversion publique au christianisme. attesté
1710 – 1787 De ~1710 à 1787, l'Imerina reste morcelé en quatre royaumes rivaux, avant sa réunification par Andrianampoinimerina. récit
1787 – 1810 Andrianampoinimerina (~1787-1810) réunifie l'Imerina et pose son ambition en formule restée célèbre : « la mer pour limite de ma rizière ». récit
1787 – 1810 La tradition attribue la naissance du hira gasy, spectacle des Hautes Terres mêlant discours, chant et danse, au règne d'Andrianampoinimerina (fin du XVIIIe siècle) : des troupes de chanteurs auraient encouragé les grands travaux de rizières et porté la parole royale dans les campagnes. récit
1810 – 1828 Radama Ier (1810-1828) ouvre le royaume à l'extérieur : traité avec les Britanniques (1817), missionnaires de la London Missionary Society, et adoption de l'alphabet latin pour écrire le malgache. attesté
1810 – 1897 Sous Radama Ier, l'Imerina s'étend à la majeure partie de l'île à partir de 1810 et se fait reconnaître « royaume de Madagascar » par les puissances européennes, jusqu'à la conquête française de 1895-1897. récit
1828 – 1861 Ranavalona Ire (1828-1861) renverse la politique d'ouverture : elle expulse les missionnaires, persécute les convertis chrétiens et défend l'autonomie du royaume, tout en faisant industrialiser l'Imerina par Jean Laborde à Mantasoa. attesté
1828 – 1863 L'épreuve du tangena, ordalie judiciaire par le poison de la noix de Cerbera, jugeait l'accusé, souvent de sorcellerie : survivre valait innocence, mourir valait culpabilité. Devenue instrument de pouvoir sous Ranavalona Ire, elle fit de très nombreuses victimes avant son interdiction en 1863. attesté
1861 – 1863 Radama II (1861-1863) rouvre le royaume aux Européens et signe la controversée Charte Lambert, avant d'être renversé et assassiné après moins de deux ans de règne. attesté
1863 – 1868 Rasoherina (1863-1868) règne sous une monarchie devenue constitutionnelle de fait : le pouvoir glisse vers le Premier ministre, qu'elle épouse. attesté
1864 – 1895 Le Premier ministre Rainilaiarivony exerce le pouvoir réel de 1864 à 1895 : il épouse successivement les trois dernières reines et dirige l'État jusqu'à la conquête française. attesté
1868 – 1883 Ranavalona II (1868-1883) se convertit au christianisme et fait brûler les sampy, les talismans royaux, en 1869, faisant du protestantisme la religion de la cour. attesté
1883 – 1897 Ranavalona III (1883-1897), dernière souveraine, voit la France conquérir le royaume ; elle est déposée et exilée, d'abord à La Réunion puis à Alger, où elle meurt en 1917. attesté
Le registre
Chaque démarche scientifique apporte sa pièce, et son degré de certitude. La même histoire, vue par 1 familles de preuves.
histoire 21
ce que les textes et les traditions rapportent
La généalogie royale merina place à son origine deux souveraines, Rafohy et Rangita, rattachées au temps des Vazimba, que leurs successeurs Andriamanelo puis Ralambo supplantent.
Andriamanelo (règne traditionnel ~1540-1575) est tenu pour le fondateur de la lignée merina ; on lui prête la lutte contre les Vazimba, premiers occupants des Hautes Terres.
L'Imerina se structure en royaume sur les Hautes Terres à partir du XVIe siècle ; Antananarivo en devient la capitale au XVIIe.
Ralambo (~1575-1612) aurait donné son nom à l'« Imerina », levé la première armée permanente et institué le culte des sampy (talismans royaux).
Andrianjaka (~1612-1630) se serait emparé de la colline d'Analamanga pour y fonder Antananarivo (« la ville des mille ») et y établir le premier rova royal.
Andriamasinavalona (~1675-1710) aurait porté l'Imerina à son apogée, puis l'aurait partagé entre ses quatre fils, semant une division qui durera près de quatre-vingts ans.
Les sampy, talismans-palladiums protecteurs du royaume merina (Kelimalaza, Ramahavaly…), furent brûlés en 1869 par la reine Ranavalona II lors de sa conversion publique au christianisme.
De ~1710 à 1787, l'Imerina reste morcelé en quatre royaumes rivaux, avant sa réunification par Andrianampoinimerina.
Andrianampoinimerina (~1787-1810) réunifie l'Imerina et pose son ambition en formule restée célèbre : « la mer pour limite de ma rizière ».
La tradition attribue la naissance du hira gasy, spectacle des Hautes Terres mêlant discours, chant et danse, au règne d'Andrianampoinimerina (fin du XVIIIe siècle) : des troupes de chanteurs auraient encouragé les grands travaux de rizières et porté la parole royale dans les campagnes.
Radama Ier (1810-1828) ouvre le royaume à l'extérieur : traité avec les Britanniques (1817), missionnaires de la London Missionary Society, et adoption de l'alphabet latin pour écrire le malgache.
Sous Radama Ier, l'Imerina s'étend à la majeure partie de l'île à partir de 1810 et se fait reconnaître « royaume de Madagascar » par les puissances européennes, jusqu'à la conquête française de 1895-1897.
Ranavalona Ire (1828-1861) renverse la politique d'ouverture : elle expulse les missionnaires, persécute les convertis chrétiens et défend l'autonomie du royaume, tout en faisant industrialiser l'Imerina par Jean Laborde à Mantasoa.
L'épreuve du tangena, ordalie judiciaire par le poison de la noix de Cerbera, jugeait l'accusé, souvent de sorcellerie : survivre valait innocence, mourir valait culpabilité. Devenue instrument de pouvoir sous Ranavalona Ire, elle fit de très nombreuses victimes avant son interdiction en 1863.
Radama II (1861-1863) rouvre le royaume aux Européens et signe la controversée Charte Lambert, avant d'être renversé et assassiné après moins de deux ans de règne.
Rasoherina (1863-1868) règne sous une monarchie devenue constitutionnelle de fait : le pouvoir glisse vers le Premier ministre, qu'elle épouse.
Le Premier ministre Rainilaiarivony exerce le pouvoir réel de 1864 à 1895 : il épouse successivement les trois dernières reines et dirige l'État jusqu'à la conquête française.
Ranavalona II (1868-1883) se convertit au christianisme et fait brûler les sampy, les talismans royaux, en 1869, faisant du protestantisme la religion de la cour.
Ranavalona III (1883-1897), dernière souveraine, voit la France conquérir le royaume ; elle est déposée et exilée, d'abord à La Réunion puis à Alger, où elle meurt en 1917.
Tout ce qu'on sait des règnes antérieurs à 1810 vient du Tantara ny Andriana, vaste compilation des traditions merina rassemblée par le père Callet entre 1878 et 1881.
Érigé en coutume ancestrale (fomba), le hira gasy est pourtant une forme métisse et relativement récente : il croise l'art oratoire du kabary, le chant et la danse, et intègre au XIXe siècle des instruments européens, violon, trompette, accordéon.
Sources
- primaire Callet, F. (compil.) (1878). Tantara ny Andriana eto Madagasikara (Histoire des rois d'Imerina)
- synthèse paywall Gwyn Campbell (1991). The state and pre-colonial demographic history of Madagascar
- vulgarisation Maison des Cultures du Monde. Le hira gasy, l'opéra des champs
- primaire paywall Mauro, D. (2001). Madagascar, l'opéra du peuple. Anthropologie d'un fait social total : l'art Hira Gasy entre tradition et rébellion
- synthèse Ogot, B. A. (dir.), UNESCO. Histoire générale de l'Afrique, V : L'Afrique du XVIe au XVIIIe siècle
- synthèse paywall Randrianja, S. & Ellis, S. (2009). Madagascar: A Short History