D'où viennent les Malgaches ?
D'Asie du Sud-Est insulaire et d'Afrique de l'Est : sur ce point les gènes sont nets, deux courants et un métissage datable. C'est la langue, et non les gènes, qui désigne plus précisément le sud-est de Bornéo. Ce que l'on ignore est ailleurs : par quelle route ils sont venus, et pourquoi ils sont partis. Ce site pose l'un et l'autre à plat, chaque assertion portant son statut de preuve et ses sources.
Aujourd'hui

Le pays est jeune, rural, et l'un des plus pauvres du monde. Madagascar comptait un peu moins de trente-deux millions d'habitants en 2024, dont près de quatre sur dix avaient moins de quinze ans, et un tiers seulement de la population vivait en ville. mesuré Banque mondiale Près de sept Malgaches sur dix vivaient sous le seuil international d'extrême pauvreté lors du dernier relevé disponible, en 2021. mesuré Banque mondiale
On range d'ordinaire la population en dix-huit foko, « ethnies » : Merina des Hautes Terres, Sakalava de l'Ouest, Betsileo, Betsimisaraka et les autres. Ce découpage est tardif. Les ethnonymes actuels (Merina, Betsileo, Sakalava, Tandroy...) se cristallisent avec les royaumes des XVIe-XIXe siècles, les projeter sur les siècles antérieurs est un anachronisme. reconstruit Ogot Les lignes qu'il trace pèsent pourtant encore : les hiérarchies héritées, nobles, libres, descendants d'esclaves, ne se sont pas effacées, et la défiance entre Hautes Terres et côtes non plus.
Ce site ne change rien à cela. Il rassemble ce que l'on sait de l'origine commune, preuves et doutes compris, et n'arbitre pas ce qui divise : une même île, peuplée par les mêmes traversées, et un état des preuves que chacun peut vérifier ligne à ligne.
Ce que ce site rassemble

Tantara veut dire « histoire, récit » en malgache. Madagascar est le cas où la géographie semble tout expliquer : une île, un isolement de quatre-vingt-huit millions d'années, une arrivée tardive et par la mer, une faune qui n'existe nulle part ailleurs. Tout invite à dérouler la chaîne, du socle jusqu'aux royaumes.
Ce site tente cette chaîne et s'arrête chaque fois qu'elle cesse d'être établie. Le relief explique qu'on ne pouvait venir que par la mer ; il n'explique ni qu'on soit venu si tard, ni que les ports aient changé de côté au XIXe siècle. C'est cette limite, plus que les faits, qui décide de ce qu'on lit ici.
Le découpage en dix-huit foko, celui par lequel on décrit d'ordinaire les Malgaches, y est traité pour ce qu'il est : une construction tardive, et non une origine.
Par où commencer
Chaque porte annonce son régime de preuve : la barre donne la composition des assertions rattachées, du mesuré au récit. La géographie est celle où la part du mesuré est la plus forte, un peu moins des deux tiers ; les États reposent d'abord sur la tradition dynastique.
Le commencement : la géographiele décor avant les hommes.23 assertions
Le monde d'avant : les bêtesce que l'isolement a produit, et ce qui l'a effacé.27 assertions
Le monde d'avant : les plantesce qui pousse ici et nulle part ailleurs.25 assertions
Le peuplementpar la mer, en deux courants.27 assertions
Les dix-huit fokoet pourquoi « dix-huit ».78 assertions · 18 entités- Les Étatsroyaumes côtiers et Imerina.44 assertions · 6 entités
Les lieuxdes comptoirs morts aux capitales.148 assertions · 15 entités
Une assertion rattachée à plusieurs axes compte dans chacun : ces totaux ne s'additionnent donc pas au corpus. Les vignettes sont des images de synthèse, décoratives ; elles n'illustrent aucune pièce réelle.
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La carte porte les foyers des foko en fond et les lieux en points. Chaque point ouvre le fil qui s'y rattache.
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La méthode, en deux mots
Sur un sujet où le mesuré, le débattu et le mythifié se mélangent vite, chaque assertion porte deux étiquettes : la démarche (géologie, archéologie, génétique, linguistique, histoire) et le degré de certitude. Un point contesté n'est jamais arbitré : les hypothèses concurrentes sont montrées côte à côte.
→ La méthode en entier : familles de preuve et état de la recherche