Ce que ce site est, et ce qu'il n'est pas
tantara.wiki rassemble et gradue. Il ne découvre rien, ne tranche pas les questions ouvertes, et n'a aucune autorité propre : tout ce qu'il avance renvoie à un travail publié par quelqu'un d'autre. Sa seule prétention est d'être vérifiable, ligne à ligne.
Il n'est pas écrit par un historien
Ce site est fait par un praticien des systèmes, pas par un chercheur en histoire, en archéologie ou en génétique des populations. Rien de ce qui suit n'est une contribution à la recherche. Le travail consiste à lire ce que la recherche publie, à le poser à plat, et à rendre visible le degré de certitude de chaque assertion plutôt qu'à le lisser.
Cela impose une règle : la construction du site échoue si une assertion n'a pas de source, ou si un point donné pour débattu ne montre pas ses hypothèses concurrentes. La contrainte est mécanique parce que la vigilance humaine ne suffit pas. Elle ne garantit pas la justesse, seulement qu'aucune affirmation ne circule sans être rattachée à quelque chose. Le corpus compte aujourd'hui204 assertions, 140 références, et 9 points explicitement laissés ouverts. La méthode en entier.
Il regarde depuis un endroit
Le site consacre une page aux regards extérieurs, pour rappeler que Flacourt, Grandidier et les autres écrivent depuis une position et non depuis nulle part. La même remarque vaut ici. tantara est écrit en français, depuis la France, à partir d'une bibliographie très majoritairement européenne, par quelqu'un dont l'origine malgache est familiale et non vécue. Il doit aussi ses partis pris à deux lectures, Jared Diamond pour l'ambition de relier un fait de géographie à une conséquence humaine, Stephen Jay Gould pour la méfiance envers les explications trop bien ajustées. Ce n'est pas une neutralité, c'est une situation, et elle laisse des angles morts : les travaux malgachophones y sont sous-représentés, et la parole des communautés sur leur propre histoire n'y figure que filtrée par des ethnographes.
Il s'arrête avant 1947
Le périmètre est volontairement borné à l'histoire d'avant l'insurrection de 1947. Ce n'est ni un oubli ni une pudeur : la colonisation, 1947 et les républiques demandent un travail de sourcing d'une autre nature, sur des faits encore politiquement vifs, et le site préfère ne pas les traiter plutôt que les traiter mal. La page d'accueil parle du Madagascar d'aujourd'hui, mais pour dire d'où l'on regarde, pas pour en faire l'histoire.
Il touche à des sujets qui blessent
L'origine, les hiérarchies héritées entre nobles, libres et descendants d'esclaves, la traite, la défiance entre Hautes Terres et côtes : ces sujets sont dans les sources, donc ils sont ici. Ils sont posés avec leur statut de preuve et sans conclusion morale ajoutée. Personne ne devrait y trouver de quoi hiérarchiser des groupes ; si un passage s'y prête, c'est un défaut d'écriture, et il sera corrigé.
Le découpage en dix-huit foko est traité comme une construction tardive, pas comme une donnée de nature. C'est un choix de fond, appuyé sur les sources, et il est discutable comme le reste.
Ses images ne sont pas des documents
Les planches du site sont des images d'appui. Chacune indique sa base, l'auteur de cette base, sa licence, et ce qui lui a été appliqué. Un habillage de planche ancienne ne fait pas d'une figure une pièce d'archive : la légende le dit à chaque fois, parce qu'une image convaincante affirme plus vite qu'un paragraphe.
Il n'existe qu'en français, et c'est un défaut
L'angle mort signalé plus haut a une conséquence simple : ce site parle des origines malgaches dans une langue qui n'est pas celle où cette histoire se transmet. Une version malgache est prévue, une version anglaise aussi, et ni l'une ni l'autre ne sera bonne sans des lecteurs qui connaissent la langue mieux que celui qui écrit.
La demande est donc bornée, et volontairement petite. L'unité de contribution n'est pas le site ni même une page, c'est une assertion : le corpus en compte 204, chacune tient en quelques lignes, et en relire une prend dix minutes. Traduire une seule assertion est une contribution complète.
Le plus utile n'est d'ailleurs pas la traduction mais le vocabulaire.Andevo, hova, andriana, vazimba,fanompoana, foko ne pèsent pas en malgache ce que pèsent leurs équivalents français, et un terme mal choisi fait plus de dégâts qu'une phrase maladroite. Signaler un mot mal pesé vaut autant qu'en traduire dix.
La règle du site vaut pour les contributions comme pour le reste : une proposition qui change le fond demande une source, et un point donné pour débattu garde ses hypothèses concurrentes. Ce n'est pas un arbitrage de l'auteur, c'est la construction du site qui échoue sans cela. Une contribution retenue est créditée par son nom en bibliographie, ou reste anonyme si son auteur le préfère.
Signaler une erreur
Une date fausse, une source mal citée, une nuance écrasée, une hypothèse absente : ce sont les signalements les plus utiles. Un message qui indique la page et ce qui cloche suffit, une référence est encore mieux. Les corrections de fond sont faites à la source, dans les assertions elles-mêmes, pas en note.
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