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Les États · Côte sud-est (Matitanana)

Royaume antemoro

Chefferie islamisée du Sud-Est, structurée autour des lettrés détenteurs des manuscrits sorabe ; bornes chronologiques débattues.

Sur la carte

déplacer le curseur · chaque halo est un foyer d'influence, pas une frontière : on ne les connaît pas

Au fil du temps

Frise · dérivée des assertions datées
1450 – 1850Le royaume antemoro, théocratie lettrée héritière des migrations islamisées, se constitue sur la basse Matitanana aux XVe-XVIe siècles.récit
1450 – 1900Les sorabe mentionnent après les formules « ce qui sert à mouiller les écrits » : des plantes ou des substances qui, mêlées à de l'eau, servent à laver le texte tracé. Le Coran y fait l'objet d'un usage talismanique, par sélection d'une phrase ou d'un mot hors de son contexte.attesté
1450 – 1900Les manuscrits sorabe sont détenus par des chefs religieux, les katibo, et par des devins-guérisseurs, qui appartiennent à des clans spécifiques : les Anakara sont les spécialistes du ciel, les Zafintsimeto ceux de la terre. Les textes, écrits sur un papier fabriqué localement, mêlent l'arabe, le malgache et un pidgin arabe.attesté
1450 – 1900Le contenu des manuscrits sorabe est magico-religieux : formules, divination, calendrier, traditions d'origine. Au-delà d'une magie islamique, la diversité des influences qui s'y exercent fait écho à la complexité des réseaux d'échange de l'océan Indien.attesté
1450 – 1900Les aristocrates antemoro, arrivés au XVe siècle dans le Sud-Est, ont conservé jusqu'à aujourd'hui des livres sacrés écrits en caractères arabes, appelés sorabe, « grande écriture ».attesté

Le registre

Chaque démarche scientifique apporte sa pièce, et son degré de certitude. La même histoire, vue par 2 familles de preuves.

ethnographie 1

ce que les pratiques observées et décrites livrent

Les sorabe mentionnent après les formules « ce qui sert à mouiller les écrits » : des plantes ou des substances qui, mêlées à de l'eau, servent à laver le texte tracé. Le Coran y fait l'objet d'un usage talismanique, par sélection d'une phrase ou d'un mot hors de son contexte.
attesté1450 – 1900Beaujard, P. (2020)
Un écrit qu'on lave et dont on emploie l'eau n'est pas fait pour être lu. C'est la preuve matérielle que cette écriture sert, et ne raconte pas.

histoire 4

ce que les textes et les traditions rapportent

Le royaume antemoro, théocratie lettrée héritière des migrations islamisées, se constitue sur la basse Matitanana aux XVe-XVIe siècles.
Ses scribes (katibo) et devins servirent ensuite les autres cours de l'île, l'écriture comme instrument de pouvoir.
Les manuscrits sorabe sont détenus par des chefs religieux, les katibo, et par des devins-guérisseurs, qui appartiennent à des clans spécifiques : les Anakara sont les spécialistes du ciel, les Zafintsimeto ceux de la terre. Les textes, écrits sur un papier fabriqué localement, mêlent l'arabe, le malgache et un pidgin arabe.
attesté1450 – 1900Beaujard, P. (2020)
Le pouvoir politique et le pouvoir religieux sont séparés, et l'écrit relève du second. Ce n'est donc pas un peuple qui écrit, mais des lignages spécialisés à l'intérieur d'un peuple.
Le contenu des manuscrits sorabe est magico-religieux : formules, divination, calendrier, traditions d'origine. Au-delà d'une magie islamique, la diversité des influences qui s'y exercent fait écho à la complexité des réseaux d'échange de l'océan Indien.
attesté1450 – 1900Beaujard, P. (2020)
Ces livres ne sont pas des annales. Écrire n'a pas produit d'histoire au sens où l'archive merina en produira une à partir de 1810 : la grande écriture sert le rite et le destin, pas la chronique des règnes.
Les aristocrates antemoro, arrivés au XVe siècle dans le Sud-Est, ont conservé jusqu'à aujourd'hui des livres sacrés écrits en caractères arabes, appelés sorabe, « grande écriture ».
C'est la seule écriture pratiquée à Madagascar avant que Radama Ier n'adopte l'alphabet latin en 1810, et elle est restée l'affaire d'un groupe et d'une caste de lettrés, non d'un royaume entier.

Sources