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Les États · Nord-ouest (Majunga / Mahajanga) · 1690–1840

Royaume sakalava du Boina

Royaume sakalava du Nord-Ouest, essaimé du Menabe ; carrefour commercial avec le monde swahili et les Comores.

Sur la carte

déplacer le curseur · chaque halo est un foyer d'influence, pas une frontière : on ne les connaît pas

Au fil du temps

Frise · dérivée des assertions datées
1650 – 1820Les monarchies sakalava de l'Ouest (Fiherena, Menabe, Boina, Nord-Ouest) procèdent d'un même groupe royal, les Maroseraña : les conflits de succession y sont résolus par le départ des cadets évincés, qui vont conquérir de nouveaux espaces plutôt que de disputer l'ancien.attesté
1690 – 1840Le royaume sakalava du Boina, issu du Menabe, s'établit au nord-ouest vers 1700 et prend le contrôle des ports antalaotra, dont Majunga.récit
1700 – 1900Le pouvoir sakalava a son fondement idéologique dans des reliques fabriquées à partir des corps des souverains, pratique devenue la règle au XVIIIe siècle avec la formation des grandes monarchies. À Majunga, dans le Boina, les reliquaires sont dits « Andriamisara efa dahy » et rangés parmi les « raha sarotra », les choses précieuses et dangereuses, terme qui désigne aussi la dépouille royale.attesté
1820 – 1900Vers 1820, l'expansion de Radama Ier atteint le pays sakalava ; le roi Andriantsoly fuit vers le nord en abandonnant les reliques royales, et ses descendants se divisent en deux segments dynastiques rivaux, Bemihisatra et Bemazava, dont l'antagonisme reste vivace jusqu'à aujourd'hui.attesté
1897 – 1910L'administration coloniale française a tenu les reliquaires sakalava pour un levier politique. Vers 1897, le lieutenant Benevent note que « la possession de ces mânes équivaut à l'assurance de la fidélité de presque tout le pays » ; les reliques sont ensuite restituées officiellement aux Sakalava du Nord-Ouest « en gage d'obéissance et soumission », une cérémonie dont un rapport se félicite qu'elle augmente « considérablement » le prestige français.attesté

Le registre

Chaque démarche scientifique apporte sa pièce, et son degré de certitude. La même histoire, vue par 1 famille de preuves.

histoire 5

ce que les textes et les traditions rapportent

Les monarchies sakalava de l'Ouest (Fiherena, Menabe, Boina, Nord-Ouest) procèdent d'un même groupe royal, les Maroseraña : les conflits de succession y sont résolus par le départ des cadets évincés, qui vont conquérir de nouveaux espaces plutôt que de disputer l'ancien.
attesté1650 – 1820Ballarin, M.-P. (2020)
Mécanisme inverse de celui de l'Imerina, où le partage d'Andriamasinavalona entre ses quatre fils ouvre quatre-vingts ans de morcellement. Le même geste, la division dynastique, y paralyse et ici étend.
Le royaume sakalava du Boina, issu du Menabe, s'établit au nord-ouest vers 1700 et prend le contrôle des ports antalaotra, dont Majunga.
récit1690 – 1840Ogot, B. A. (dir.), UNESCO
Les cités-États marchandes passent sous tutelle d'un royaume de l'intérieur, inversion du rapport de force côtier.
Le pouvoir sakalava a son fondement idéologique dans des reliques fabriquées à partir des corps des souverains, pratique devenue la règle au XVIIIe siècle avec la formation des grandes monarchies. À Majunga, dans le Boina, les reliquaires sont dits « Andriamisara efa dahy » et rangés parmi les « raha sarotra », les choses précieuses et dangereuses, terme qui désigne aussi la dépouille royale.
attesté1700 – 1900Ballarin, M.-P. (2020)
Les réceptacles portent des perles de couleur correspondant aux destins, des pièces et du métal précieux ; les piastres entrent, avec la terre crayeuse tanimalandy, dans la composition de l'eau lustrale.
Vers 1820, l'expansion de Radama Ier atteint le pays sakalava ; le roi Andriantsoly fuit vers le nord en abandonnant les reliques royales, et ses descendants se divisent en deux segments dynastiques rivaux, Bemihisatra et Bemazava, dont l'antagonisme reste vivace jusqu'à aujourd'hui.
attesté1820 – 1900Ballarin, M.-P. (2020)
Perdre les reliques ne prive pas d'un symbole mais de la légitimité elle-même : la scission qui suit dure deux siècles.
L'administration coloniale française a tenu les reliquaires sakalava pour un levier politique. Vers 1897, le lieutenant Benevent note que « la possession de ces mânes équivaut à l'assurance de la fidélité de presque tout le pays » ; les reliques sont ensuite restituées officiellement aux Sakalava du Nord-Ouest « en gage d'obéissance et soumission », une cérémonie dont un rapport se félicite qu'elle augmente « considérablement » le prestige français.
attesté1897 – 1910Ballarin, M.-P. (2020)
Une autre formule d'administrateur résume la politique : « À chaque pays, il faudra laisser son roi, c'est le fétiche du peuple. »

Sources