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Les foko · Hautes Terres méridionales (Fianarantsoa)

Betsileo

Groupe des Hautes Terres du Sud, réputé pour la riziculture en terrasses ; principautés absorbées par l'Imerina vers 1830.

« Betsileo » est l'un des dix-huit foko : un découpage tardif, pas une origine.Pourquoi dix-huit ?

Sur la carte

déplacer le curseur · chaque halo est un foyer d'influence, pas une frontière : on ne les connaît pas

Au fil du temps

Frise · dérivée des assertions datées
1650 – 1815Les principautés betsileo du sud des Hautes Terres se forment aux XVIIe-XVIIIe siècles, avant d'être absorbées par l'expansion merina au début du XIXe.récit
1820 – 1900Sa forme actuelle ne s'est toutefois fixée qu'au XIXe siècle : d'abord rares et variables, les secondes funérailles se généralisent et se standardisent à mesure que se répandent les tombeaux de pierre.attesté
1830 – 1830Fianarantsoa a été fondée vers 1830 par les Merina comme capitale administrative des royaumes betsileo nouvellement conquis ; son nom signifie « bonne éducation » en malgache.attesté

Le registre

Chaque démarche scientifique apporte sa pièce, et son degré de certitude. La même histoire, vue par 2 familles de preuves.

ethnographie 2

ce que les pratiques observées et décrites livrent

Les feuilles du tapia sont le fourrage de prédilection d'un ver à soie endémique, Borocera madagascariensis, le landibe, dont les cocons sont ramassés à la main deux fois l'an, cuits, filés et tissés en lambamena, les linceuls des funérailles et des retournements de morts.
La chrysalide est retirée du cocon et mangée. Sur le site étudié, au Col des Tapia, deux ménages sur trois récoltent le landibe et une femme sur cinq file ou tisse, la vente des cocons apportant un revenu dans les mois maigres qui précèdent la moisson. Un arbre des Hautes Terres, un papillon qui n'en mange que les feuilles, et l'étoffe dans laquelle on enveloppe les morts : la chaîne tient en trois maillons.
Le lambamena, linceul de soie rouge tissé de la soie sauvage du landibe (Borocera), enveloppe les morts et les réenveloppe au famadihana : la richesse offerte aux ancêtres se mesure en soie.
Le tissage relie l'héritage austronésien (le métier, le lamba) à une matière endémique, la soie sauvage de l'île. Le linceul est l'objet central du retournement des morts.

histoire 4

ce que les textes et les traditions rapportent

Les principautés betsileo du sud des Hautes Terres se forment aux XVIIe-XVIIIe siècles, avant d'être absorbées par l'expansion merina au début du XIXe.
récit1650 – 1815Ogot, B. A. (dir.), UNESCO
Plusieurs principautés rivales (Lalangina, Isandra...), jamais un État betsileo unifié.
Sa forme actuelle ne s'est toutefois fixée qu'au XIXe siècle : d'abord rares et variables, les secondes funérailles se généralisent et se standardisent à mesure que se répandent les tombeaux de pierre.
attesté1820 – 1900Larson, P. M. (2001)
Une tradition vivante a une histoire : ce que l'on tient pour immémorial s'est en partie façonné au siècle dernier.
Fianarantsoa a été fondée vers 1830 par les Merina comme capitale administrative des royaumes betsileo nouvellement conquis ; son nom signifie « bonne éducation » en malgache.
attesté1830 – 1830Mosca, L. (2022)
Le famadihana, seconde inhumation des Hautes Terres où l'on exhume et réenveloppe les ancêtres dans des linceuls neufs, relève d'une tradition de double funéraille qu'on retrouve dans le monde austronésien, de Sulawesi à Bali.
Le rapprochement est comparatif : il rattache la pratique à l'héritage austronésien sans en faire un calque immobile. La parenté est de famille, pas de copie.

Sources