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Les lieux · Ville · Côte est (Tamatave)

Toamasina

Principal port de la côte est, ouvert sur l'océan Indien ; place de commerce et de traite aux XVIIIe-XIXe siècles.

Sur la carte

déplacer le curseur · chaque halo est un foyer d'influence, pas une frontière : on ne les connaît pas

Au fil du temps

Frise · dérivée des assertions datées
1700 – 1810Au XVIIIe siècle, les postes français de traite de la côte est glissent vers le sud : la baie d'Antongil d'abord, alimentée par la puissance sakalava, puis Foulpointe, sur l'arrière-pays sihanaka et bezanozano, enfin Tamatave, débouché des Merina ; Fort-Dauphin ne fournit jamais beaucoup d'esclaves.attesté
1775 – 1810À partir de 1775 environ, les textes français signalent des esclaves venus de l'Imerina sur la côte est ; en 1790, l'Imerina est donnée comme la région qui fournit le plus d'esclaves aux îles, et en 1807 un agent français estime à 2 000 par an ceux que Tamatave en tire.attesté
1790 – 1810Jusque vers 1800, les captifs des Hautes Terres changent de mains deux ou trois fois, par des intermédiaires bezanozano et sihanaka, avant d'atteindre la côte ; après 1800, des marchands merina vendent eux-mêmes leurs esclaves à Tamatave.attesté
1817 – 1817Par le traité de Tamatave du 23 octobre 1817, conclu au nom du gouverneur Farquhar, Radama Ier interdit dans tous ses territoires la vente d'esclaves destinés à quitter Madagascar, contre une rétribution annuelle de 1 000 dollars en or, 1 000 dollars en argent, cent barils de poudre, cent mousquets, dix mille pierres à fusil, des uniformes, des étoffes et deux chevaux.attesté
1817 – 1895Après sa prise en 1817 par Radama Ier, Toamasina (Tamatave) devient le principal port du royaume merina, fonction qu'elle conserve comme premier port du pays ouvert sur l'océan Indien.attesté
1927 – 1927Le cyclone du 3 mars 1927 a submergé Tamatave : les cent onze morts recensés dans la ville sont tous imputables à la mer, par naufrage en rade ou par submersion à terre, et non au vent.attesté
1991 – 2020Sur les trente années 1991-2020, la réanalyse donne un cumul annuel moyen de 2 122 mm à Toamasina, sur la côte au vent, contre 572 mm à Toliara, sur le versant sec : un rapport de un à quatre entre les deux façades de l'île.mesuré

Le registre

Chaque démarche scientifique apporte sa pièce, et son degré de certitude. La même histoire, vue par 2 familles de preuves.

climat 1

ce que les vents, les courants et les pluies mesurés imposent

Sur les trente années 1991-2020, la réanalyse donne un cumul annuel moyen de 2 122 mm à Toamasina, sur la côte au vent, contre 572 mm à Toliara, sur le versant sec : un rapport de un à quatre entre les deux façades de l'île.
L'écart se creuse encore hors de la saison des pluies : de mai à octobre, la côte est reçoit 707 mm quand le sud-ouest en reçoit 34, soit vingt fois moins. La moyenne cache par ailleurs une variabilité que le chiffre du sud rend mal : selon les années, Toliara reçoit de 245 à 986 mm, un facteur quatre d'une année sur l'autre, quand l'est reste entre 1 526 et 2 706 mm. Dans un climat semi-aride, c'est cette instabilité qui commande, pas la moyenne.

histoire 6

ce que les textes et les traditions rapportent

Au XVIIIe siècle, les postes français de traite de la côte est glissent vers le sud : la baie d'Antongil d'abord, alimentée par la puissance sakalava, puis Foulpointe, sur l'arrière-pays sihanaka et bezanozano, enfin Tamatave, débouché des Merina ; Fort-Dauphin ne fournit jamais beaucoup d'esclaves.
attesté1700 – 1810Filliot, J.-M. (1974)
À partir de 1775 environ, les textes français signalent des esclaves venus de l'Imerina sur la côte est ; en 1790, l'Imerina est donnée comme la région qui fournit le plus d'esclaves aux îles, et en 1807 un agent français estime à 2 000 par an ceux que Tamatave en tire.
attesté1775 – 1810Filliot, J.-M. (1974)
Filliot cite Dumaine (1790) : « La partie d'Hancove est celle de Madagascar qui fournit le plus d'esclaves à nos îles », et l'agent Roux à Decaen (16 octobre 1807). Mayeur écrivait dès 1777 d'Antananarivo que le commerce le plus considérable qui s'y fait est celui des esclaves.
Jusque vers 1800, les captifs des Hautes Terres changent de mains deux ou trois fois, par des intermédiaires bezanozano et sihanaka, avant d'atteindre la côte ; après 1800, des marchands merina vendent eux-mêmes leurs esclaves à Tamatave.
attesté1790 – 1810Filliot, J.-M. (1974)
Filliot ajoute que la traite a renforcé les structures royales de l'Imerina et désorganisé la côte est : « La guerre alimentait la traite. La traite alimentait la guerre. »
Par le traité de Tamatave du 23 octobre 1817, conclu au nom du gouverneur Farquhar, Radama Ier interdit dans tous ses territoires la vente d'esclaves destinés à quitter Madagascar, contre une rétribution annuelle de 1 000 dollars en or, 1 000 dollars en argent, cent barils de poudre, cent mousquets, dix mille pierres à fusil, des uniformes, des étoffes et deux chevaux.
Texte du traité reproduit par Ellis, missionnaire de la London Missionary Society engagé contre la traite. Farquhar y explique que Radama ne pourrait se maintenir, privé de « la grande source de son argent, de ses armes et de ses munitions, qui venait exclusivement de ce commerce ». Le chapitre de l'Histoire générale de l'Afrique écrit « 100 pierres à fusil » : le texte du traité dit dix mille.
Après sa prise en 1817 par Radama Ier, Toamasina (Tamatave) devient le principal port du royaume merina, fonction qu'elle conserve comme premier port du pays ouvert sur l'océan Indien.
Le cyclone du 3 mars 1927 a submergé Tamatave : les cent onze morts recensés dans la ville sont tous imputables à la mer, par naufrage en rade ou par submersion à terre, et non au vent.
Bilan établi par recoupement d'archives administratives, du journal officiel de Tamatave, du bulletin économique de Madagascar et de fonds jésuites. La trajectoire du système, dirigée vers l'ouest-nord-ouest, amenait le vent perpendiculairement à la côte, ce qui a amplifié la montée des eaux ; la marée montante y concourait. Le décompte porte sur une ville portuaire dotée d'une administration qui tient des registres ; il ne dit rien de l'intérieur.

Sources