Les foko · Ouest
Makoa
Descendants d'apports est-africains (Makua), souvent rattachés à l'aire sakalava de l'Ouest.
« Makoa » est l'un des dix-huit foko : un découpage tardif, pas une origine.Pourquoi dix-huit ?
Sur la carte
déplacer le curseur · chaque halo est un foyer d'influence, pas une frontière : on ne les connaît pas
Au fil du temps
Frise · dérivée des assertions datées
1800 – 1896Au XIXe siècle, Madagascar, longtemps exportatrice d'esclaves, se met à importer massivement des captifs d'Afrique orientale, que l'île désigne tous par les termes génériques de « Makoa » ou de « Masombika ».attesté
1800 – 1900Les historiens estiment à au moins 650 000 le nombre de captifs est-africains déportés à Madagascar au XIXe siècle, dont une part, peut-être trente pour cent, fut réexportée vers les autres îles de l'océan Indien occidental.reconstruit
1800 – 1900Les Makoa de l'Ouest malgache descendent d'esclaves importés d'Afrique orientale (nord du Mozambique) par la traite au XIXe siècle ; leur nom dérive de celui des Makhuwa, principal groupe du Mozambique actuel, et ils se sont intégrés à l'aire sakalava.attesté
1820 – 1877Une partie des captifs est acheminée vers les marchés de l'Imerina ; dans l'île, le portage est surtout confié aux « Mozambiques », à qui leur origine étrangère laisse peu de chances de fuir pour rejoindre une communauté.attesté
1850 – 1896Les captifs venaient surtout du nord du Mozambique, pays makua et île de Moçambique, et arrivaient par la côte ouest, autour de Majunga ; dans la seconde moitié du siècle, la zone qui va de Morondava à Majunga, Maintirano compris, est un bastion de la traite illégale.attesté
1868 – 1877Le 20 juin 1877, la reine Ranavalona II émancipe tous les « Mozambiques » (Masombika) issus de la traite extérieure ; le code des 101 articles de 1868 avait déjà interdit d'importer des esclaves d'Afrique, et une première libération partielle avait eu lieu en 1874.attesté
1877 – 1877Le décret de 1877 aurait libéré environ 150 000 personnes.reconstruit
1877 – 1896La mesure de 1877 ne vaut que là où s'exerce le pouvoir d'Antananarivo : à Morondava, poste de garnison merina, des Makoa affranchis fondent des villages vers 1880, alors que dans les régions de l'Ouest qui échappent à ce pouvoir, comme celle de Maintirano, la traite se poursuit et les Makoa ne sont émancipés qu'à partir de 1896.attesté
Le registre
Chaque démarche scientifique apporte sa pièce, et son degré de certitude. La même histoire, vue par 1 famille de preuves.
histoire 8
ce que les textes et les traditions rapportent
Au XIXe siècle, Madagascar, longtemps exportatrice d'esclaves, se met à importer massivement des captifs d'Afrique orientale, que l'île désigne tous par les termes génériques de « Makoa » ou de « Masombika ».
Les historiens estiment à au moins 650 000 le nombre de captifs est-africains déportés à Madagascar au XIXe siècle, dont une part, peut-être trente pour cent, fut réexportée vers les autres îles de l'océan Indien occidental.
Les Makoa de l'Ouest malgache descendent d'esclaves importés d'Afrique orientale (nord du Mozambique) par la traite au XIXe siècle ; leur nom dérive de celui des Makhuwa, principal groupe du Mozambique actuel, et ils se sont intégrés à l'aire sakalava.
Une partie des captifs est acheminée vers les marchés de l'Imerina ; dans l'île, le portage est surtout confié aux « Mozambiques », à qui leur origine étrangère laisse peu de chances de fuir pour rejoindre une communauté.
Les captifs venaient surtout du nord du Mozambique, pays makua et île de Moçambique, et arrivaient par la côte ouest, autour de Majunga ; dans la seconde moitié du siècle, la zone qui va de Morondava à Majunga, Maintirano compris, est un bastion de la traite illégale.
Le 20 juin 1877, la reine Ranavalona II émancipe tous les « Mozambiques » (Masombika) issus de la traite extérieure ; le code des 101 articles de 1868 avait déjà interdit d'importer des esclaves d'Afrique, et une première libération partielle avait eu lieu en 1874.
Le décret de 1877 aurait libéré environ 150 000 personnes.
La mesure de 1877 ne vaut que là où s'exerce le pouvoir d'Antananarivo : à Morondava, poste de garnison merina, des Makoa affranchis fondent des villages vers 1880, alors que dans les régions de l'Ouest qui échappent à ce pouvoir, comme celle de Maintirano, la traite se poursuit et les Makoa ne sont émancipés qu'à partir de 1896.
Sources
- primairepaywallBoyer-Rossol, K. (2010). Les Makoa en pays sakalava : une ancestralité entre deux rives (Ouest de Madagascar, XIXe-XXe siècles)
- primaireBoyer-Rossol, K. (2014). Réinvestir le sacré. Musiques, paroles et rites chez les anciens captifs déportés de l'Afrique orientale à Madagascar
- primaireBoyer-Rossol, K. (2015). Entre les deux rives du canal du Mozambique : histoire et mémoires des Makoa de l'ouest de Madagascar, XIXe-XXe siècles (thèse, Université Paris 7)
- primairepaywallCampbell, G. (1981). Madagascar and the Slave Trade, 1810-1895
- synthèseGaran, F. (2012). L'esclavage à Madagascar : un esclavage à l'antique ?, dans Travaux & Documents (Journées de l'Antiquité, La Réunion)
- synthèseMutibwa, P. M., avec Esoavelomandroso, F. V.. Madagascar, 1800-1880, dans Histoire générale de l'Afrique, vol. VI, chap. 16